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Filature Levavasseur : style néogothique et gigantisme

La filature Levavasseur porte le nom de son bâtisseur : le Baron Charles Levavasseur. Cette filature de style néo-gothique anglais est construite en 1857 à Pont-Saint-Pierre. Ses dimensions sont impressionnantes : 96m de long pour 26m de large.

Notre voyage au coeur de l'Andelle se poursuit et nous vous emmenons à la découverte de cet élégant témoin du passé des grandes filatures du milieu du XIXe siècle.

Pont-Saint-Pierre

Eure (27)

La filature Levavasseur est une cathédrale industrielle construite au milieu du XIXe siècle.

Depuis son incendie en 1874, elle est conservée à l’état de ruine. 

Son architecture néo-gothique anglais en fait un monument exceptionnel et unique en son genre, assez rare en France.

L'ancienne filature de Fontaine Guérard

plan fontaine guerard
Plan de Fontaine-Guérard
plan filature levavasseur
Plan de la grande et de la petite filature, 1862
Jacques Levavasseur
Jacques Levavasseur

Le site de la filature de Fontaine Guérard doit son existence à la famille Guéroult.

Ce manufacturier établi à Radepont, dans la vallée de l’Andelle était un homme politique et de presse. Il portait haut et fort une idéologie où l’avenir et le bonheur de tous résiderait dans l’industrialisation des charges.

Suite à des difficultés financières, il se voit obligé de se séparer de ce patrimoine familial. En 1820, il vend son usine de filature au Baron Edouard Levavasseur, plus connu sous le pseudonyme de Jacques Levavasseur.

Véritable homme d’affaire, le baron Levavasseur  gagnait sur tous les fronts.
Il importait lui même son coton d’Amérique par sa propre compagnie de navires marchands, pour fournir ses propres filatures.

Lorsqu’il arrive à Fontaine-Guérard, celui-ci décide de restaurer les anciennes filatures de la famille Guéroult.

À sa mort en 1842, son fils Charles reprend en main la filature où il a fait ses armes, mais malheureusement quelques mois plus tard un terrible incendie ravage le site, et détruit la filature de laine.

La nouvelle filature Levavasseur

Reconstitution 3D de la petite et grande filature

En 1862, Louis Passy, député de l’Eure écrit que la filature Levavasseur est « un monument tel que l’Europe n’en connaît aucun de semblable ». Et il n'a pas tort.

Reconstitution de la filature-cathédrale par J-M Fabri

Charles s’établira fermement dans la vallée de l’Andelle lorsqu’il rachète en 1844, le château de Radepont au marquis de Radepont. Cette acquisition portera ses projets d’agrandissements sur plus de 5km le long de l’Andelle, l’eau étant un élément indispensable dans l’industrie du textile.

En 1851, de nouveaux incendies ravagent encore une fois les anciens locaux et Charles voit là une opportunité de s’agrandir et de revoir sa stratégie d’emplacement. Il décide alors de s’établir plus profondément dans la vallée, en face de l’Abbaye de Fontaine-Guérard, ce qui aura pour avantage de la remettre en valeur, et fait construire en 1855 un long canal dans lequel il fera passer l’Andelle, la détournant pour les besoins de son usine.

En 1857, les travaux de la nouvelle filature commencent. Elle pourra recevoir jusqu’à 300 ouvriers en même temps, avec ses 96m de long, et ses 26m de large sur 5 niveaux de planchers.

Aux angles, 4 cheminée de 38 mètres de hauteur, un véritable monument bâtit dans le goût néo-gothique Victorien. À proximité une seconde filature dite « petite » de 96m de long et de 20m de large voie elle aussi le jour, et dès 1861, les deux usines tournent à plein régime.

A l’issue des travaux, en 1861, le coût de construction du site (filature et annexes) et de son équipement technique s’élève à 3,5 MF. Une somme colossale pour l’époque ! Dans la presse, les commentaires sont unanimes et les superlatifs abondent. 

La filature Levavasseur est alors décrite comme un « monument de l’industrie », une « usine colossale »

Un dernier incendie fatal

Tout semble parti pour durer mais encore une fois le 23 août 1874 la filature prend feu. Un incendie si féroce qu’il se voit à des kilomètres à la ronde.
Charles devenu trop âgé laisse à son fils Arthur le soin de mener à bien cette nouvelle opération, mais l’assurance n’ayant pas les moyens de couvrir les travaux, seule la petite filature sera reconstruite.
Puis s’en suivront d’autres incendies qui ne viendront pas à bout de l’obstination des Levavasseur comme en 1913 et en 1923 à la mort d’Arthur, où ses descendants reprendront l’affaire.

En 1946, alors que l’industrie a réussi à passer les crises économiques et les dommages de la guerre, un dernier incendie met fin à cette aventure ne laissant que la carcasse du bâtiment, qui seul nous rappel qu’ici, durant près d’un siècle, se dressa fièrement le pouvoir d’une famille d’industriels. La filature est aujourd’hui un riche témoin du passé industriel d’une petite zone reculée dans les profondeurs de l’histoire de France, pointant des cieux un endroit majestueux entouré par un château et une abbaye qui nous révèle une vallée dans laquelle se repose 900 ans d’histoire.

Filature Levavasseur (1870)
Filature Levavasseur (1870)
Ancienne carte postale
Ancienne carte postale

La filature Levavasseur aujourd'hui

Dans les années 1995, conscient de la valeur patrimoniale de la filature, l’Etablissement Public de la Basse-Seine se porte acquéreur du site pour la somme de 300 000 F. Une intervention rapide est engagée pour consolider et défricher les vestiges de la grande filature.

Dans le même temps, la Régie Municipale d’Electricité d’Elbeuf rachète la centrale hydroélectrique pour en poursuivre l’exploitation.

 

En 1999, le Département de l’Eure se porte acquéreur de la filature Levavasseur pour 320 000 Francs. Depuis ce jour, la filature n’est toujours pas visitable, et aucun projet n’est en cours pour la rendre accessible au public. 

C’est encore un bout de notre patrimoine historique endormi qui attend son réveil pour témoigner de son riche passé.

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